Les Croqueurs sur la « frise pomologique »

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Le graphique ci-dessous matérialise les données contenues dans un tableau de  M. Marchenay* illustrant un de ses articles  paru dans le « journal d’agriculture traditionnelle et de botanique appliquée » de mai-juin 1981.
Ce document prouve que la description de fruits est une activité qui se pratique depuis   fort  longtemps, mais de façon plus ou moins soutenue selon les périodes.
Evolution du nombre de variétés décrites dans le tempsLa hauteur de chaque colonne est proportionnelle au nombre de variétés que les  différents pomologues ont décrites. Ca va de 48 pour Charles Estiennes (1504 – 1564),  à 1656 pour André Leroy (1801 – 1875). Le nombre de descriptions, peu fluctuant jusqu’au début du 19ème siècle, « explose » alors sous Leroy, Mas, Simon-Louis … pour redescendre au 20ème siècle.
L’abondance des descriptions au cours de la période 1800 / 1920 s’explique par l’apparition du phénomène de collection auprès d’ amateurs qui incitent les obtenteurs à créer de nouvelles variétés. Après la première guerre mondiale, le nombre de variétés décrites diminue car l’engouement pour les collections est retombé. Les nouveaux ouvrages de pomologie s’adressent à des arboriculteurs plus orientés vers la production que vers la diversité. Il faut attendre la fin des années 1970 pour que les Croqueurs de pommes introduisent de nouvelles notions comme la biodiversité, le terroir, la sauvegarde … Ces nouvelles orientations ont conduit à la rédaction de descriptions inédites de variétés locales, sous forme de fiches. Celles-ci , publiées dans notre bulletin constituent la seule trace pomologique des variétés locales.
Les indications portées sur ce graphique représentent le nombre de variétés décrites par auteur.et ne sont en rien révélatrices du nombre des variétés présentes dans les vergers. Celui-ci a fluctué également, mais pour d’autres motifs : exode rural, urbanisme, mécanisation, remembrement, modes de culture et de consommation, etc.

La rédaction des fiches « croqueurs » est le seul outil efficace qui permet de connaitre et de sauvegarder les variétés locales ignorées durant des siècles, par les pomologues les plus célèbres.
Alors, Croqueurs, à  vos plumes, si vous ambitionnez de voir la hauteur de notre colonne dépasser celles de nos prédécesseurs sur le graphique des prochaines décennies,

* Philippe Marchenay, ethnobiologiste au CNRS. Il fut un des premiers scientifiques auquel Jean-Louis CHOISEL s’adressa, à la création des Croqueurs de pommes.

Philippe OSSETTE et Daniel ETALON
Membres du groupe de pomologie de Franche-Comté Nord

Evolution du nombre de variétés décrites dans le temps