Taille d'espaliers de pommiers en double U

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bouquet de fleurs sur espalierIl s’agissait de tailler une belle haie de pommiers, palissée en contre-espaliers,  et formée en double U.

Rappel des dénominations : les espaliers sont adossés à un mur, les contre-espaliers sont eux supportés par une structure et des fils métalliques horizontaux.

Cette haie avait bénéficié d’une taille d’hiver 1 an plus tôt et quelques spécimens forts, d’une taille Lorette le 20 juin 2013. Première constatation : 10 sujets, 10 variétés, et des comportements vraiment disparates.

Concernant les sujets forts, dont un ‘Tiuffat’ , nous avions convenu l’année dernière, suite au constat d’absence de bourgeons à fruits, de ne pas intervenir en hiver pour le laisser « passer à fruits tranquillement». Seule une taille ‘Lorette’ avait permis de limiter son développement à des tiges de 30 à 40cm contre 1m pour les branches non coupées. Peine perdue, les bourgeons se sont certes transformés en dards mais l’arbre s’est envolé vers le haut et il n’est apparu que peu, voire pas de bourgeons à fruits. Il fallait maintenant intervenir pour limiter sa taille et conserver une certaine homogénéité souhaitée à l’origine par le propriétaire. Cela nécessitera plusieurs interventions durant l’été pour le calmer un peu.

Remarque : les formes verticales comme le U, le double U ou le Verrier, ne sont pas particulièrement adaptées au pommier qui s’accomode mieux aux formes obliques ou horizontales.

Les sujets faibles ou harmonieux sont un plaisir à tailler : des bourgeons à fruits partout, et avec l’avancement de la végétation, ces bourgeons sont pour quelques variétés déjà très, ou trop développés pour le qualificatif de ‘taille d’hiver’. L’avantage dans ce cas-là, c’est que nous ne nous posons pas la question : « bourgeon à bois ou bourgeon à fruit ? ». Par contre, il est d’autant plus difficile de tailler des brindilles lorsqu’elles sont déjà couvertes de 4 ou 5 couronnesde fleurs, charge bien trop importante pour des fruits de qualité sur un espalier.

Nous étions deux Croqueurs de Pommes de Franche-Comté Nord et du Doubs, chacun à tailler une partie des espaliers pour finalement constater que le chant du bourgeon à fruits « ne me … coupe paaas » a été mieux entendu par l’un que par l’autre…. Peut-être est-ce dû à des origines belges ?? 😉

Deux heures après notre arrivée, l’ensemble des tiges et brindilles coupées, une fois broyé, tiendra dans le bac du broyeur électrique. Nous nous en servirons pour pailler d’autres cultures, cela fera un merveilleux « BRF ».

Le temps étant actuellement chaud et sec, quelques arrosoirs aideront les arbres taillés tard dans la saison, à récupérer des coupes multiples. Rendez-vous dans quelques semaines après la nouaison pour constater les effets de notre intervention.

Et vous, êtes-vous prêts à rejoindre les Croqueurs de Pommes et à partager avec nous votre passion de la forme fruitière, associée aux variétés locales ?

One Response

  1. Eric MARCHAND

    Bonjour,
    Heureux de constater que la passion des variétés anciennes, est aussi associée à la passion de la forme ancienne.
    Je suis d’accord avec vous que la forme double U n’est pas vraiment adaptée au pommier mais c’est très souvent celle-ci qui reste dans l’imaginaire collectif lorsqu’il s’agit de forme palissée. Il faut d’ailleurs voir dans les rayons des jardineries, seuls le double U et la palmette oblique, souvent mal faits, sont proposés quel que soit l’espèce, alors qu’il en existe des dizaines d’autres…
    Donc longue vie à votre association pour ce qu’elle fait, et merci pour ces exemples d’arbres entretenus.